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Créé en mars 2007

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Fury Magazine, toujours à la pointe de l'actualité d'il y a quarante ans en arrière.

Nos garanties :

- Tous nos articles sont écrits sur des ordinateurs à fiches perforées gros comme une camionnette.

- Nos rédacteurs ne communiquent entre eux que par téléphone filaire.

- L'un d'eux est né avant 1960.

Si elle est dedans...

... c'est pareil !
Par l'élève Moinet

 

Le blé en herbe.

La lettre du mois nous vient d’un jeune admirateur qui a tenu à rester anonyme.

Cher "Si elle est dedans…", le doute m’habite et me brouille l’écoute…

Avant de tomber en panne, mon scooter fonctionnait parfaitement. Pourquoi ?

On dit qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Que fait-elle alors ? Si elle ne fait rien, touche-t-elle des allocations ?

On dit aussi, qu’après la pluie vient le beau temps. Et après le beau temps, qu’en est-il ? La relation précédente est-elle réciproque ? Et si oui, pourquoi ?

Est-il vrai que plus on pédale moins fort, moins on avance plus vite ? Auquel cas, je pédalerai moins doucement.

Si Mabrouk s’en va-t-en guerre (mironton mironton mirontaine), Noel, c’gars là v’à la guerre, aussi ?

Tu parles souvent de Serge Clerc, qui fait de la ligne claire. Qu’en est-il de Vincent Clerc ? Suit-il une ligne de touche claire ? Et Julien Clerc ? Sa carrière suit-elle une ligne claire ?

En parlant de Serge Clerc, j’ai entendu parler du Clerc obscur. Cependant, je n’ai rien trouvé sur cette partie de sa carrière, peux-tu m’éclairer ?

Bien à toi,

Un admirateur.

Eh bien bravo au jeune Olivier de l’Université de Perpignan qui possède une jolie petite plume et qui a l’air d’avoir de sérieuses qualités de logique pure qu’il devrait mieux travailler s’il veut réussir dans la vie. Vous aussi écrivez-nous et chaque mois une lettre sera tirée au sort. Le gagnant recevra la photo de la sympathique équipe de Fury dédicacée. Oui, oui, tu vas bientôt recevoir la tienne, Olivier.

Trop chauve pour être une rock star, trop asthmatique pour être footballeur, pas assez alcoolique pour être écrivain, trop Français pour être Anglais, pas assez suicidaire pour être artiste, trop intelligent pour la télé-réalité. Il ne me restait pas grand' chose, et ce pas grand' chose, c'est devenu Fury Magazine. Hong Kong Fou-Fou


Rédaction :
wally gator logo Wally Gator : rugby de village, communion solennelle et charcuterie.
Eleve-Moinet-2.jpg  Elève Moinet : permis B, Première étoile, BEPC (mention Assez bien)
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barbidule-logo.jpg Barbidule : contradictions, bals de village et coloriage.
Getcarter logo Getcarter
hkff logo Hong Kong Fou-Fou : soins capillaires, huile de moteur et kilomètre arrêté.

N'hésitez pas à nous écrire : fury.mag@gmail.com (Pas de compliments, nous sommes modestes. Pas de critiques, nous sommes susceptibles. Pas d'insultes, nous sommes hyper baraqués. Pas de propositions à caractère sexuel, nous sommes fidèles.)
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Samedi 11 mai 2013 6 11 /05 /Mai /2013 06:40

hkff logo Par Hong Kong Fou-Fou

 

Le 7 mars 1969, les spectateurs français attendent patiemment à l'entrée des salles de cinéma qu'une ouvreuse munie d'une lampe électrique viennent les accompagner à leur siège. Après les actualités et les réclames, et après avoir acheté à l'entr'acte une quelconque friandise aux mêmes ouvreuses munies d'un panier d'osier, ils découvrent le générique coloré du nouveau film de Gérard Oury, "Le cerveau", associé au morceau imparable "The brain" de Georges Delerue et The American Breed.

A la 23ème minute du film, la frange masculine du public entre en transe. Il n'y a plus que les caramels qui sont mous, les grains de popcorn giclent hors de leur cornet et les esquimaux dégoulinent dans les mains. L'actrice Silvia Monti envahit l'écran, dans une scène restée culte et qui n'a rien perdu de son intensité érotique quarante-quatre ans plus tard. Comme je n'aime rien affirmer qui ne soit scientifiquement prouvé, je viens de me la passer dix-sept fois d'affilée, impossible de s'en lasser (de s'enlacer aussi, malheureusement). Accrochée à une corde, la belle Italienne se laisse descendre d'un balcon, (dé)vêtue d'un bikini noir et munie d'un mini poste de radio d'où s'échappe la chanson "Cento giorni" de Caterina Caselli. Tous les hommes autour de la piscine sont en arrêt. Et pourtant, ce sont des gangsters, par nature pas faciles à arrêter. Silvia Monti glisse le long de sa corde comme un serpent le long d'une liane et hypnotise sa proie (Monti python, quoi).


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Dans le film, Silvia Monti incarne Sofia, la soeur du mafieux sicilien Frankie Scannapieco qui, afin de la garder pure jusqu'au mariage, la tient recluse dans sa somptueuse villa sicilienne et éloigne à coups de fusil ses prétendants éventuels. Excédée, la belle jure à son frère qu'elle offrira sa virginité au premier venu. Le premier venu n'est pas le premier venu, puisqu'il s'agit du colonel Matthews, le fameux "Cerveau" qui débarque pour négocier son prochain coup avec la Mafia. Le tandem David Niven/Eli Wallach fonctionne à merveille mais, honnêtement, à partir du moment où Sofia lance son opération séduction, tout le reste, on s'en moque.

Lamartine a écrit "O temps, suspends ton vol" en 1820 mais ce n'est pas possible, ce doit être une erreur, il avait forcément vu "Le cerveau" avant. Cette expression prend tout son sens en visionnant cette scène. J'en mettrais mon kimono au feu, Gérard Oury a dû la faire recommencer plusieurs fois, pour le plaisir. "Silvia, c'était parfait mais on va la refaire par acquis de conscience". "Silvia, ce n'est pas toi mais ce crétin de Giuseppe est entré dans le champ". "Plus sensuelle encore, s'il te plaît, Silvia". "Désolé mon chou, j'ai oublié de mettre la caméra en marche". Etc.

Si pour ce qui est de sortir de l'onde, c'est Ursula Andress qui mérite la palme dans "Dr. No" (normal, elle a déjà le masque), Silvia Monti, elle, sait se jeter à l'eau.

On la voit peu ensuite dans le film, si ce n'est dans une autre scène où elle roucoule avec le colonel Matthews place du Trocadéro, à bord de son splendide coupé sport BMW 2000, et après l'attaque du train, déguisée en pompier, cette fois dans une plus banale R16.


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L'actrice poursuit sa carrière jusqu'au milieu des années 70, en tournant dans des films italiens inédits chez nous pour la plupart, surtout des gialli et des films éroticorrifiques : "Les sorcières du bord du lac" (Le regine, de Tonino Cervi, 1970), "Le venin de la peur" (Una lucertola con la pelle di donna, de Lucio Fulci, 1971), "Journée noire pour un bélier" (Giornata nera per l'ariete, de Luigi Bazzoni, 1971), "La fureur d'un flic" (La mano spietata della legge, de Mario Gariazzo, 1973). Elle tourne également pour Pasolini dans "Carnet de notes pour une Orestie africaine" (Appunti per un'Orestiada africana, 1970). Ils sont faits pour s'entendre : lui écrit en frioulan, elle est affriolante. Elle donne même la réplique au légendaire duo Terence Hill/Bud Spencer dans "Le corsaire noir" (Il corsaro nero, de Lorenzo Gicca Palli, 1971). Pasolini, Bud Spencer. Un sacré grand écart. Mais elle a les jambes pour.


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Puis elle devient comtesse, en épousant le noble vénitien Luigino Donà delle Rose, l'un des éminents membres de la jet-set italienne, qui crée Porto Rotondo en Sardaigne. Il fait de Silvia la reine de Saint Moritz, l'hiver, et de Marbella, l'été (j'espère qu'elle a gardé son bikini noir). En 1997, elle se remarie avec Carlo de Benedetti, ex-patron d'Olivetti, comte lui aussi, mais en banque.

Elle a également friquoté, plus jeune, avec Gianni Agnelli, qui a prononcé cette phrase pleine de sagesse : "Les hommes se divisent en deux catégories : ceux qui parlent des femmes, et ceux qui parlent avec les femmes". Je crois donc qu'il est temps de terminer cet article, sous peine de me voir irrévocablement classé dans la première catégorie.


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Par Hong Kong Fou-Fou - Publié dans : Cinéma et TV - Communauté : Un jour de plus loin des 60s
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Samedi 4 mai 2013 6 04 /05 /Mai /2013 07:01

wally gator logo oddjob logo 2 hkff logo Par Wally Gator, Oddjob et Hong Kong Fou-Fou

 

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Contribution de Oddjob

La sélection de ce mois-ci doit tout à l’élève Moinet ! Qu’il en soit ici profondément remercié…

Allah Las : Tell me (what’s on your mind)

De la pop garage authentiquement californienne. Un brin nostalgique, jamais parodique et délicieusement fiévreuse. Allah est grand !

http://www.youtube.com/watch?v=fiJYecS0vU0

Foxygen : San Francisco

Encore et toujours des Californiens, plus folk, plutôt hippies délurés. Comme quoi à Fury, on n’apprécie pas que ceux qui sont droits dans leurs bottes… loin de là !

http://www.youtube.com/watch?v=KtdWGGpvY1s

Princess Chelsea : The cigarette duet

Ce duo néo-zélandais nous offre une pop, certes pour neurasthénique, mais à l’énergie toute pince sans rire. Comme quoi fumer ne tue pas !

http://www.youtube.com/watch?v=4TV_128Fz2g 

 

 

 

Contribution de Wally Gator

Jacques Dutronc : Concert de 1966

Je ne crois pas avoir déjà parlé de M. Dutronc dans les sélections précédentes, c’est une injustice ! La voici réparée. Je crois que tout ce qu’il a pu faire entre 1965 et 1980 me plaît. Dans ce qui est post-1980, c’est au cas par cas, mais ce qui est sûr c’est que c’est un grand, un très grand.

http://www.youtube.com/watch?v=bMKqZoPa1-w

God is an astronaut : Snowfall

Un groupe dans la ligne directe de Mogwai. Ce que j’ai pu dire sur Mogwai, je pourrais presque le coller ici.

http://www.youtube.com/watch?v=y_NMIRatSSo

Ultra Orange : Ride

On change radicalement de sonorité. J’aime bien leurs débuts, moins ce qu’ils ont fait plus tard. Ceci dit, Ride, c’est vraiment pas mal. Mais, je préfère leurs débuts…

http://www.youtube.com/watch?v=H5kEmm9UVv8

The Limiñanas : Votre côté yéyé m’emmerde

Encore une petite perle de notre groupe local préféré. N’hésitez surtout pas : allez les voir, achetez leurs disques !!!

http://www.youtube.com/watch?v=qQKN1Ye2bVk

Madness : The sun and the rain

Bon, j’aime Madness, ce n’est pas une nouveauté. Je pourrais très bien citer un autre groupe. Mais je crois que si je n’en parlais pas l’élève Moinet n’aurait plus rien à raconter dans "Si elle est dedans...". Voyez donc au-delà de la simple sélection musicale dans ce paragraphe : voyez l’œuvre caritative.

 

 

 

Contribution de Hong Kong Fou-Fou

The Twang : Sheep (2013)

Ou quand un de mes groupes préférés d'aujourd'hui reprend un de mes groupes préférés d'hier, à l'occasion du Record Store Day.

Twisted Wheel : Ride (2012)

La roue est peut-être voilée, mais le cap est maintenu dans la bonne direction.

http://www.youtube.com/watch?v=GSOB3O4o2MY

The Antics : Got skills (2013)

Une vidéo low cost (ça coûte combien, un Bic ?) certainement tournée à Menton. Entre deux prises, les musiciens devaient se détendre en jouant à "Je te tiens par la barbichette".

http://www.youtube.com/watch?v=rOTECwBXhBs

Miles Kane : Don't forget who you are (2013)

Beady Eye : Flick of the fingers (2013)

En juin débarquent (c'est de saison) les seconds albums de Miles Kane et de Beady Eye. Dans la presse spécialisée, on se demande toujours à cette occasion si les artistes réussiront à franchir cet écueil, blablabla. Côté Beady Eye, on est serein, Liam a annoncé comme d'habitude qu'on n'a pas fait mieux depuis que Cro-Magnon a tapé sur deux cailloux pour faire de la musique. Quant à Miles, il s'est acheté un nouveau pantalon en cuir.

http://www.youtube.com/watch?v=UqJ-JCzH_xQ

http://www.youtube.com/watch?v=zj5RKp0inTw

Roger Verbor : Bonjour chez vous

Bon, là je ne peux pas vous proposer un quelconque lien pour écouter le morceau, il faudra passer à la maison écouter le 45t. "Bonjour chez vous" en face A, "L'évadé" en face B, sur la pochette le dessin d'une main qui salue, l'index et le pouce formant un cercle. La référence est claire. Sinon, que vous dire ? Les paroles, enregistrées en accéléré, c'est un type qui demande des renseignements à la gare, façon "A Caen les vacances" de Raymond Devos ; la musique, jazzy, est plutôt dansante. Quant à l'auteur, c'est apparemment un artiste belge, qui a commis quelques chansons que même Bézu renierait...

 

Par Hong Kong Fou-Fou - Publié dans : Musique - Communauté : Musiques
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Samedi 27 avril 2013 6 27 /04 /Avr /2013 12:45

oddjob logo 2 Par Oddjob

 

- Poulain, tu ne vas pas le dénoncer, n’est-ce pas ?

- Ce serait trop vil !

- Mon Dieu ! Je… Je ne sais plus où est mon devoir !

- De… De toute façon, la blessure de ce malheureux est trop grave pour que nous puissions le… le soigner nous-mêmes…

- On trouvera un médecin ! Il est notre hôte, il a requis notre aide !

- Que faire ? Seigneur, inspirez-moi !

- Oh ! Et si nous demandions conseil à Monsieur le Curé ? Lui saura ! Il nous guidera !

 

Vous auriez tort de vous fier, amis lecteurs, à la bondieuserie qui pourrait transparaître de cet échange. Amoureux du grand air, des sacs Lafuma, des chaussures Galibier, de l’odeur des fougères au petit matin, de la tente canadienne, des sentiers de montagne… ne passez pas votre chemin !

 

Nous sommes en 1959, année de publication dans le beau journal de Spirou, du Hameau Maudit, huitième (et sans doute l’une des meilleures) aventure de la Patrouille des Castors, du duo Charlier/Mitacq.


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- -

Pour tout vous dire, je n’ai, moi-même, jamais fréquenté le monde du scoutisme. Partagé, au début de mon adolescence, entre une pleine fascination (le prestige de l’uniforme de certains mouvements) et une totale incompréhension (guitare et pantalons longs chez d’autres groupes).

 

Bref, le scoutisme passait pour moi par la lecture assidue des exploits de Poulain, le charismatique Chef de Patrouille, Chat son ingénieux second, le très réfléchi Faucon, le "petit gros" gaffeur Tapir et Mouche, le cadet timide (dont les traits sont inspirés de ceux du fils de Pierre Joubert). Un sixième équipier, Lapin, ne partagera leur bivouac que pour le temps des deux premiers albums, Le Mystère de Grosbois et Le Disparu de Ker-Aven.

 

Car si en littérature, le genre a fait florès avec les ouvrages du Signe de Piste et ses hérauts, Foncine et Joubert, en bandes dessinées, le scoutisme n’a guère essaimé. Hergé nous gratifiera certes des exploits (anecdotiques) de Totor C.P. des Hannetons. Mais mis à part les Castors chez Dupuis, seules les éditions du Lombard tenteront une riposte poussive (comme, malheureusement, beaucoup d’histoires du journal Tintin, publiées par la suite à la va-vite dans les collections Jeune Europe ou Vedette…) avec les 3A, dessinés par Mittéi (fortement secondé par Tibet) et animés au scénario  par Duchâteau.

Par contre, le passé scout sera régulièrement mis à l’honneur dans les enquêtes du Colonel Clifton créé par Macherot. Et notre fameux Héron Mélomane de rempiler dans Kidnapping pour prendre la route avec sa troupe et redevenir "le grand dadais en culottes courtes" !

Enfin, Yann et Hardy nous dévoileront la version trash d’une patrouille de guides – les fameuses Libellules – pendant la dernière guerre, avec en prime un Prince Eric plus aryen que jamais !

 

Alors, oui, ici ou là, l’on retrouvera l’esprit scout – loyauté, honnêteté, don de soi – dans bon nombre de bandes dont les plus symboliques seront celles de Jijé : Jerry Spring, Valhardi ne sont-ils pas animés de ce courage chevaleresque, de cette débrouillardise toute scoute. Et puis, qui d’autre que Jijé pouvait raconter avec autant de brio la biographie dessinée du père du scoutisme… Baden Powell ?

 

Mais revenons à nos Castors. La série connaîtra son apogée au milieu des années soixante. Le Trophée de Rochecombe, Le Traître sans Visage, La Couronne Cachée, L’Autobus Hanté… autant de morceaux de bravoure tant scénaristiques qu’au niveau du dessin, Mitacq (Toucan Bénévole) nous livrant notamment des illustrations de couvertures d’une efficacité toute "maraboutienne". Pourtant, la fin des 70s laisse déjà transparaître un essoufflement, la patte de Charlier se faisant un peu lourde et le dessin s’académisant. En 1980, Charlier jette l’éponge et Mitacq poursuit seul (parfois assisté au scénario par Wasterlain) les destinées des Castors. Prisonniers du Large sera la dernière péripétie (à peu près) digne de ce nom. Leurs aventures suivent ainsi les vicissitudes du mouvement scout : le tiers-mondisme a débarqué, le sac à dos se fait trop lourd et la guitare a définitivement remplacé le béret et le chapeau à quatre bosses !


scout-1.jpg

 

Cependant, à côté de cette série phare, il ne faudrait pas oublier les autres productions de Mitacq. A commencer par Jacques Le Gall toujours en compagnie de Charlier. Créé dans Pilote dès son premier numéro (les planches y seront réalisées au lavis et publiées bien plus tard en grand format chez Dupuis), ce "scout" solitaire connaîtra six aventures d’excellente facture, dont le point culminant sera Le Lac de l’Epouvante. Depuis l’Alt Ausseer See, dans les Alpes autrichiennes jusqu’au Lac Toplitz, en passant par le Berlin de la Guerre Froide, notre jeune ami va se retrouver aux prises avec d’anciens nazis, de nouveaux communistes et d’espions occidentaux… tous partis à la chasse au trésor de guerre du défunt Reich ! S’étalant sur 65 planches, ce joyau franco-belge d’aventure est sans aucun doute celui de la paire Charlier-Mitacq : mystère, rebondissement, suspense, action, paysages grandioses, souterrains claustrophobiques… rien ne manque !

 

scout 2

 

Nous ne nous étalerons guère sur son personnage de Stany Derval, reporter de télévision dans les 70s, plus proche du vieux garçon (collier de barbe compris) que du boy scout intrépide ! Surnagent, tout de même, d’histoires plus ou moins longues et ineptes, deux enquêtes dignes d’intérêt : Les Galops de l’Enfer (à la tonalité proche des New Avengers…) et Les Deux Trésors de Montorgueil (où l’on retrouve des grottes, la montagne, une organisation criminelle… c’est traditionnel et carré à souhaits !)

 

scout-3.jpg

 

Mais aujourd’hui, plus de Castors, plus de jeunes gens fougueux épris d’aventure, plus de totem, sauf, peut-être, à Fury Magazine… Avouez que Hong Kong Fou-Fou en Chef de Patrouille, l’élève Moinet en jeune éphèbe apprenti louveteau ou Wally Gator en impétueux second dans son short bien repassé, ça a, tout de même, une certaine prestance !

Par Oddjob - Publié dans : BD et littérature - Communauté : Un jour de plus loin des 60s
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Samedi 20 avril 2013 6 20 /04 /Avr /2013 12:34

Eleve Moinet 2 Par l'élève Moinet

 

Après avoir passé 6284 heures sur les pages Chaland d'Ebay et être tombé 12256 fois sur "le chaland qui passe", vous l'avez compris plus vite que moi (l'émotion !), me voici enfin vengé. L'heure de la rédemption a sonné. Je suis donc fier de vous présenter le "(Yves) Chaland qui passe". Chaque mois, un collector rien que pour vous. Je viens de faire les comptes, cette rubrique devrait durer 12 ans et 3 mois.

PS : Nous cherchons toujours un volontaire pour "La place du Stanislas (Barthélémy)".


Ce mois-ci, le "Saint-Paul en Cornillon N°2".

  cornillon.jpg

 

Désolé pour le retard, j’étais à ma réunion des auteurs anonymes. De retour de ce passionnant séminaire, j’ai enfin compris quels étaient les moyens de réussir ma tâche comme l’ont fait tous mes chers, mais néanmoins amis, collègues : Améliorer mon style - Faire plaisir à mon patron - Captiver mes lecteurs - Me renouveler.

C’était donc ça !... Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ?  Mais bien sûr… Voyons, commençons par le commencement, je vais relire mon Pifou poche N°2,  ça devrait bien m’aider. Après, voyons (pour réfléchir il faut mettre son stylo dans sa bouche et incliner sa tête en arr…), tiens, ce cadre au dessus du bureau… Ah l’ivresse des montagnes, après eux le déluge ah ah ah… Ce cadre au dessus du bureau ! Bon sang ! Comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? Mon patron aime Noel Gallagher. Aime les bonnets à pompons. Il y a marqué Captivant dessus et en bas Cornillon pour changer. C’est bien sûr ! Voila un dessin tout indiqué. Tout est enfin réuni.  Je sens que ça va marcher !  Je suis sûr que ça va marcher ! Je sens que je suis sûr que ça va marcher !

Livrons-nous pour la peine à une sévère analyse. Force est de constater que la ligne n’est pas encore très claire, mais nous ne sommes pas à la pêche. Nous sommes aux sports d’hiver. Qu’importe le flocon pourvu qu’on ait l’ivresse.

D’abord le contexte historique : il s’agit bien sûr d’un projet de couverture pour le N°381 du journal new wave Captivant dont le recueil parut en 1979. Il est daté du 2 août 1954, une époque ou l’on ne nous saoulait pas avec le réchauffement climatique, mais glissons sur le sujet.

Une considération générale pertinente ensuite : il irait bien, accroché au mur d’un bureau ou d’un couloir ou d’une chambre ou d’un salon ou d’une salle à manger. D’ailleurs, il est encadré, ce qui est bien utile en la circonstance. Un petit clou et hop ! Ca c’est fait, passons à une considération particulière : il me semble reconnaître les deux neveux de l’Oncle Paul venant enfin d’échapper à leur radoteur de tonton (ceux de l’oncle Charlie sont encore dans leur belle ferme de Bir Rebalou avec leur petite bonne). Nous reconnaissons en bas à droite nos deux sympathiques héros, Slim et Lucia. Slim Kentucky, homme blanc (comme neige) est particulièrement… hum… il est heu… glop glop. Lucia est fascinante. Lucia ? Lucia ! Nom de Dieu, ma K7 ! Pierrot-la-science a encore oublié de me rendre ma K7 ! Heu, il paraît qu’il faut une conclusion… La voilà : c’était un dessin bien rafraîchissant. Pierrot ? Pierrot ?

 

Indice de rareté : 5/5

Par Elève Moinet - Publié dans : BD et littérature - Communauté : Cré'arts graphique
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Samedi 13 avril 2013 6 13 /04 /Avr /2013 07:11

hkff logo Par Hong Kong Fou-Fou

 

danger-5-4-copie-1.jpg

 

Et si Hitler n'avait pas perdu la guerre en 1945 ? On se marrerait certainement beaucoup moins et "Fury Magazine" n'existerait probablement pas, ou s'appellerait "Führer Magazine" (j'aurais dans ce cas moins de mal à trouver des collaborateurs, haha). Cette uchronie est en tout cas le point de départ d'une web-série diffusée par la suite sur la TV australienne et créée par Dario Russo et David Ashby, auxquels on doit déjà l'irrésistible "Italian Spiderman".

 

Après nous avoir proposé les aventures d'un bedonnant super héros à moustaches en col roulé rouge frappé d'une araignée noire et affublé d'une coiffure digne d'un joueur de foot allemand de la fin des années 70, les deux compères reviennent avec ce projet plus ambitieux, une série consacrée aux exploits de 5 espions chargés d'éliminer un autre moustachu mal coiffé, Allemand toujours, Adolph Hitler. Comme c'est une mission dangeureuse, ils ont appelé ça "Danger 5", logique.


L'histoire se passe pendant la deuxième guerre mondiale, mais une deuxième guerre mondiale qui aurait un peu joué les prolongations et débordé sur les années 60, si on se réfère aux coiffures et au maquillage des personnages féminins, ainsi qu'à l'atmosphère générale.

 

L'équipe de Danger 5 est constituée de Tucker, l'Australien, de Claire, l'Anglaise, d'Ilsa, la louve slave, de Jackson, l'Américain, et de Pierre, le Français, grand amateur de cocktails et de musique afro-cubaine, mon préféré, sans chauvinisme aucun. Ils sont commandés par un colonel vêtu de la même veste que le N°6 dans "Le prisonnier" et affublé d'une tête d'aigle (ne me demandez pas pourquoi, je n'ai vu la série qu'en V.O. et j'avoue que certains détails m'ont échappé).


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La série est avant tout inspirée d'une certaine presse masculine d'antan dont les couvertures étaient ornées de demoiselles peu vêtues livrées aux mauvais soins de savants sadiques, de Nazis pervers ou de ratons laveurs enragés. Quant aux articles, ils auraient fait passer le "Nouveau détective" pour "Le Monde" (et une page de pub, une). C'est aussi un hommage aux créations de Gerry Anderson, "Les sentinelles de l'air" en tête. La base secrète dans laquelle l'équipe de "Danger 5" se repose entre deux missions loufoques n'est pas sans rappeler celle de la Sécurité Internationale. De même, les décors et les véhicules sont des maquettes en plastique, carton et polystyrène qui ne détoneraient pas dans U.F.O. ou Captain Scarlet. On retrouve tout un tas d'autres influences : Tarantino et son "Inglorious basterds", les films de monstres japonais façon Toho, Ray Harryhausen pour le stop-motion. On pense aussi à l'humour absurde des films ZAZ. Tout un pan de la pop culture qui est rarement mis en avant, sauf dans nos pages bien sûr, autocongratulons-nous !


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Chaque épisode est construit sur le même modèle : Hitler invente un truc pour nuire à l'humanité (ou juste se faire plaisir, comme quand il monte une troupe de danseuses pour se produire à l'occasion de son anniversaire, dans "I danced for Hitler"), les 5 braves tentent de le contrer et, cerise sur le strudel, de l'occire. Sans perdre leur bonne humeur, fumer comme des pompiers et boire comme des Polonais. Parce que c'est vrai que ça fume et que ça boit beaucoup, chez nos héros. A croire qu'ils sont sponsorisés par la Seita ou par Smirnov. Pas un bon exemple pour nos enfants, me dites-vous ? Mais hé, ho, les membres de "Danger 5" combattent quand même les pires criminels que l'Histoire ait connus, on peut bien leur accorder quelques vices, non ?

 

Et Dieu sait qu'ils en flinguent, des Nazis, à grandes rafales de Maschinenpistole 40. C'est tellement plus drôle de retourner contre l'ennemi ses propres armes.

 

Plutôt que de compter sur de vulgaires Waffen SS, Hitler fait appel à des dinosaures, des robots, des femmes invincibles. On croise même des Atlantes. On croise aussi tout le gratin du régime nazi, des noms tristement célèbres que les auteurs de la série se font un malin plaisir de ridiculiser : Mengele, Himmler, Goebbels, Heydrich. Y a pas, Hitler savait s'entourer. Tu parles d'une dream team. Une crime team, plutôt... Les autres barbares à moustaches de l'époque ne sont pas épargnés, puisque Staline et Hirohito font également un petit coucou.

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La série frise le grand n'importe quoi. On a ainsi droit à un berger allemand qui fume et qui parle (je parle d'un chien, évidemment, pas d'un bonhomme en culottes de peau qui garde des moutons sur les pentes de la Thuringe). Dans un épisode, des zeppelins volent la tour Eiffel, provoquant des suicides en série chez nos malheureux compatriotes. Dans un autre, Hitler possède un bar clandestin, avec table de jeu et orchestre de jazz, musique qu'il semble grandement apprécier (Hitler mélomane, c'est Ruhr et chansons ?) Etc, etc. Les auteurs ont vraiment poussé très loin le bouchon. A côté de leur vision de la deuxième guerre mondiale, celle de Tarantino dans "Inglorious basterds", c'est les "Mercredis de l'Histoire".


Mais c'est tellement débile que ça en devient génial. Il y a dans trente secondes de "Danger 5" plus d'idées et de trouvailles que dans l'intégralité de "Plus belle la vie". Regardez le trailer, il vaut mieux qu'un long discours. Surtout s'il est prononcé par un nabot excité, dans une taverne à Munich dans les années 20.

 

 

Une petite visite sur le site officiel s'impose : http://www.sbs.com.au/danger5/index.html

Et merci à Barbidule, qui, à défaut d'écrire des articles, joue à merveille son rôle d'informateur.

Par Hong Kong Fou-Fou - Publié dans : Cinéma et TV - Communauté : Un jour de plus loin des 60s
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