Fury Magazine, toujours à la pointe de l'actualité d'il y a quarante ans en arrière.
Nos garanties :
- Tous nos articles sont écrits sur des ordinateurs à fiches perforées gros comme une camionnette.
- Nos rédacteurs ne communiquent entre eux que par téléphone filaire.
- L'un d'eux est né avant 1960.
Si elle est dedans...
... c'est pareil !
Par GoudurixYZ
Enfants, vous qui passez devant Si elle est dedans c’est
pareil sans la voir, sachez qu’aujourd’hui c’est la sainte Rita, sainte patronne des causes désespérées et sainte patronne de cette rubrique. Enfants, si votre cause est désespérée,
demandez à vos parents la permission de lire Si elle est dedans c’est pareil.
Trop chauve pour être une rock star, trop asthmatique pour être footballeur, pas assez alcoolique pour
être écrivain, trop Français pour être Anglais, pas assez suicidaire pour être artiste, trop intelligent pour la télé-réalité. Il ne me restait pas grand' chose, et ce pas grand' chose, c'est
devenu Fury Magazine.Hong Kong Fou-Fou
Des mots qui se suivent et qui parlent de choses. De la mode comme dans Zembla, de la bravoure comme dans
Casimir, des gadgets comme dans Pif, des avis comme dans les Jeux de 20 heures, de l’honnêteté comme dans une agence immobilière, de la subjectivité latente comme dans la vraie vie, de la sagesse
désabusée, de l’action pour y sauter dedans, du dépaysement urbain, des situations, des effets émotionnels bon marché, des auteurs qui se relisent, des phrases courtes et de la
facilité.
Pourquoi tant d’efforts ? Heu...GoudurixYZ
- Fury Magazine, c’est une gorgée d’élégance, ajoutez un peu de rugby, un tiers de football frais et non
glacé et une petite dose de décalage. Agitez longuement. Ajoutez de la musique pilée, j’insiste, agitez et servez dans une coupe Webb Ellis…
- Non, une coupe UEFA !!! (Voix venant du fond de la salle) - PAF !!! - Aïe, mon
nez…
- Et mettez un chroniqueur... Non, deux, vous pourrez ainsi les voir se heurter durement avant que le
rédac’chef ne les sépare…Wally Gator
Rédaction :
Wally Gator : rugby de village, communion solennelle et charcuterie. GouduriXYZ : déviances en tout genre,
coneheads et ragots de mairie.
Oddjob : KPM, RKO et Kop Boulogne. Barbidule : contradictions, bals de village et coloriage. Getcarter
Hong Kong Fou-Fou : soins capillaires, huile de moteur et kilomètre arrêté.
N'hésitez pas à nous écrire : fury.mag@gmail.com (Pas de compliments, nous sommes modestes. Pas de critiques, nous
sommes susceptibles. Pas d'insultes, nous sommes hyper baraqués. Pas de propositions à caractère sexuel, nous sommes fidèles. Ah, GoudurixYZ me demande d'effacer la dernière phrase)
Vous pouvez également devenir fan de Fury Magazine sur Facebook (ici : Fury Magazine sur Facebook). Tous les mois, l'un de nos fans de sexe féminin et âgé de moins de 30 ans
sera tiré au sort. A gagner, une soirée poésie avec GoudurixYZ, qui déclamera quelques-uns de ses plus beaux vers.
De l’électro-pop à la française, pourquoi pas ? Eh bien, avec Housse de Racket, je dis oui !
Maylee Todd : Aerobics in space
Un drôle de petit bout de bonne femme faisant une espèce funk à la sauce "Dee Lite" et une vidéo mélangeant
la série B 7Ts, le comic et le soap : ça vaut vraiment le détour !
The Stone Roses : I am the resurrection
Ils se reforment ! Croisons les doigts pour que ce come-back ne soit pas un échec et par voie de conséquence
une immense déception.
J.S. Bach: Toccata e fuga BWV 565
Vous savez, c’était la musique du générique de "Il était une fois l’homme". Quand je regardais ce dessin
animé, je ne soupçonnais même pas que le morceau entier durait près de 10 minutes… L’interprétation de Karl Richter est particulièrement remarquable. Laissez-vous emporter par les grandes
orgues !
Noel Gallagher’s High Flying Birds: l’album en entier !
Aucun morceau à choisir ici : tout est bon, rien n’est à jeter. Carton plein, Mr Gallagher ! Je
pense que l’on tient sans aucun doute l’album de l’année. Précipitez vous ! Ce disque est un "must have". Rien à ajouter, sauf que ce disque est vraiment génial. Je ne sais pas si je vous
l’ai déjà dit mais, sans rire, ce disque est très très très bon.
Quand on regarde les photos du groupe, on se dit qu'ils auraient mieux fait de s'appeler The B(arb)udos Band. En même
temps, ils annoncent la couleur dans le titre du morceau. Cet excès de pilosité mis à part, nous avons là un excellent groupe qui mélange jazz, soul, funk, afrobeat. Le titre que nous soumettons
aujourd'hui à vos oreilles expertes, il va vous rentrer dans le cerveau et vous allez le fredonner longtemps. Et nous détester.
Aunt Nelly : Day trippin baby (2011)
Vous vous rappelez les Clique, le plus talentueux group mod des années 90 ? Eh bien trois d'entre eux reviennent avec un
nouveau groupe. Alors certes en 15 ans les Clique ont pris une claque, les ventres sont un peu rebondis, les chairs légèrement affaissées et il n'y a plus assez de cheveux pour faire un back
comb mais musicalement la qualité est toujours au rendez-vous.
The Long Tall Shorty : Kick out the shams motherfuckers (2010)
Amis de la poésie, bonjour ! Revoilà les Long Tall Shorty, héros parmi tant d'autres du revival mod de 1979. Leur power pop
teintée de punk n'a pas pris une ride - contrairement aux fans de la première heure - comme le prouve cet extrait de leur récent dernier album. Ca va pogoter dans les maisons de retraite (sauf
peut-être à la pension Michel Dénériaz, où seuls les Sparks ont droit de cité).
Je connaissais le club des coeurs brisés, Goudurix veut me parrainer pour y entrer, mais pas celui des disques brisés. Il
gagne pourtant à être connu, avec ce single sorti sur Acid Jazz.
Petit protégé des Gorillaz, ce subtil mélange suédois-nippon nous réserve une électro pop
envoutante et entêtante, parfaite pour se réchauffer au coin des platines.
- Parisdangerous ? You’ve never been to New
York...
Ah, Johnny Thunders et son regard désabusé trinquant avec cet ahuri de Jérôme Deschamps dans Mona et moi. Le
genre d’inconnu qui vous donne envie de parler à n’importe qui dans un bar-tabac de Pigalle.
Si New York est dangereux, Perpignan n’est pas très rock'n'roll aurait-il pu rajouter au parrain des
Deschiens.
18 févier 1989, Johnny Thunders est dans la place. Arago. Visite improbable et improvisée. Faut dire qu’on n'a pas vu
beaucoup de rockers là-bas dans les années 80. Le rock à Perpignan ? C’est, voyons voir… Non, non, non... Oui ! C’est Kuzcek. C’est le village de Borat au Kazakhstan. Pas de salle, pas
de scène, pas de public et pas de… concerts. Si, un public… Pourtant en ce mois de février, c’est comme si le fils de Betty Page et d’Arthur Rimbaud débarquait dans la "capitale des deux rugby".
Pourquoi ? Comment ? Mystère. Comme dit Morrissey, ex-président du fan club des New York Dolls, "c’est comme s’ils avaient toujours la poisse. C’est le groupe le plus malchanceux de
l’histoire du rock’n'roll." Bien… Pas sûr qu’avoir rajouté Oh baby I’m born to lose / Baby I’m born to lose à son répertoire ait changé la (métha)donne. C’est sûrement pas ce soir que ça va
s’arranger. Qui Perpignan gagne.
Si on a tous en nous quelque chose de Tennessee, lui en a plus que d’autre. Il a ce qu’on a ou qu’on n'a pas. La
classe, l’attitude. Problème, la période New Rose n’est pas la meilleure. Pas la New York Dolls. Pas la Hearbrakers. Accro et fauché, ses derniers concerts ne se font pas sans l’aide d’un
médecin. Il n’est pas rare qu’il s’écroule sur scène au bout d’un quart d’heure. C’est que John Genzale Jr de son vrai nom, n’a plus sa carte vitale pour très longtemps. A Perpignan, son point de
chute, dans un endroit à l’envers en forme d’aile d’avion dénommé "La Base", on n’a pas pris cette précaution.
Mais, bon. On va voir ce qu’on va voir. Pas d’infos, pas d’affiches, seul l’Indépendant, "le journal du pays catalan"
(3,80 francs) annonce la nouvelle le 15 et se fend d’un ancêtre du copier/coller du dossier de presse le jour même intitulé "Johnny Thunders demain (!) à la Base"… Non, c’est sûrement pas ce soir
que ça va s’arranger.
La suite ? Elle n’existe pas. Juste sur quelques forums, cachée sous des pages et des pages de Google à
propos d’une chanson des Seeds… Secret défonce.
On l'a fait(e) avec les Dum Dum il y a longtemps, y compris quand on a fait la 1ère partie de Thunders à Perpignan
(!) qui m'a dit après que notre version était meilleure que la sienne…
Et puis encore : Johnny était si gentil, plein de délicatesse... j'exagère un chouia!)… Et enfin : Toulouse, début années 80 : concert fabuleux de plus de deux heures. Tout le monde à genoux. Perpignan, fin des années 80 :
un quart d'heure sur scène et écroulade. Thunders ? Comme tous les génies, irrégulier…
Non, c’était pas ce soir là que ça allait s’arranger.
Il ne me reste plus qu’à vous avouer à la régulière que je n’y étais pas. Quoi ? Tout ça pour ça ? Hé oui. Où
étais-je ce soir là ? Je ne le saurai jamais. Rançon de l’anonymat. Ca n’a pas d’importance pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. J’étais quand même pas en train d’écouter France
Gall, mais bon. Encore une question sans réponse. Après tout, c’est peut-être mieux ainsi. Les absents ont toujours tort ? Pas sûr que Johnny Thunders ou son fantôme n’ait pas fait mentir
l’adage. D’ailleurs, où sont passés mes Corgy toys ? Où sont passés mes Strange et mes Fantask ? Mystère. Mes disques des New York Dolls, je le sais. Malheureusement. Il y a des jours
où l’on a plus qu’à réécouter So alone.
Voyons dans l’Indépendant du lendemain ? Les pages spectacles… 40 places à gagner pour le concert de Mireille
Mathieu… Carnaval, record d’affluence battu. Rien, pas un mot. La veille ? Pareil. Tiens, l’horoscope. Au point où j’en suis, pourquoi pas. Voyons…Cancer : "Généralités – Votre première
impression n’est pas toujours la bonne, réfléchissez avant d’agir." Ah, tiens… "Plaisirs - Adonnez-vous à votre hobby." Oh non…
Il y a des noms qui sonnent mieux que d'autres. Pourquoi croyez-vous que je signe mes articles sous le pseudo Hong Kong
Fou-Fou ? Parce que j'ai peur que tous les gros beaufs dont je me moque inlassablement me mettent la tête au carré ? Certes, j'avoue ma lâcheté. Mais c'est aussi parce que j'ai un nom d'une
affligeante banalité, indigne de la flamboyance de Fury Magazine. Saul Bass, par contre, est un nom qui m'a toujours plu. Sobre, efficace, incisif. Comme le style graphique de celui qui le
portait.
Le petit Bass (le Basset ?) devait faire des gribouillages dans les marges de ses cahiers à l'école. Comme Guy Degrenne.
Des collages, aussi. Et il n'a jamais arrêté. Pfff, moi j'ai été vraiment bête d'y copier des polynômes ou des logarithmes, voilà où ça m'a mené. Après des études d'art et de design, il est
devenu dessinateur publicitaire. Puis il a réalisé des affiches de films, avant d'en concevoir les génériques. C'est bien simple, avant lui, ces génériques n'étaient qu'une longue litanie de noms
sans aucun intérêt, dont le spectateur attendait patiemment la fin en suçant son esquimau ou en pelotant sa petite amie. Saul Bass en a fait des films dans le film, des chefs-d'oeuvre graphiques
et colorés qui, associés au jazz angoissant de compositeurs comme Bernard Hermann ou Jerry Goldsmith, plongeaient immédiatement le spectateur dans l'ambiance. Saul Bass, les petites amies ne lui
disent pas merci.
Saul Bass a travaillé avec les plus grands de l'industrie cinématographique : Otto Preminger, Stanley Kubrick, Hitchcock,
Scorcese. Que des noms qui claquent, z'avez remarqué ? Initialement, son style s'appuyait essentiellement sur l'utilisation de formes géométriques découpées. Ses ciseaux étaient aussi aiguisés
que le couteau de Norman Bates dans "Psychose", film pour lequel il a également contribué à la mythique scène
de la douche.
Puis il s'est diversifié, avec des photographies comme dans "Spartacus" ou du dessin animé ("Un monde fou, fou, fou,
fou"). Le très réussi générique de "Grand Prix", qui montre les préparatifs avant le départ d'un... grand prix, merci de suivre, à base d'images démultipliées, c'est lui aussi.
Il a dessiné les logos de plusieurs compagnies aériennes (Continental Airlines en 1968, United Airlines en 1973) et
autres grosses sociétés comme Minolta ou Warner. Celui de Quaker Oats, aussi. Quand j'étais gamin, je prenais du Saul Bass au petit-déjeuner, et je ne le savais même pas. Il a illustré des livres
pour enfants, des timbres, des pochettes d'allumettes, il a dessiné des stations service pour Esso ou Exxon, etc.
Il a également réalisé plusieurs courts métrages et même, en 1974, un film de science-fiction, Phase IV, assez
curieusement affublé d'une affiche ignoble, dont on ne voudrait même pas pour illustrer un disque d'Iron Maiden. Quand on dit que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés...
Comme tous les génies, il a fortement inspiré ses successeurs. On peut citer l'affiche de "Clockers" de Spike Lee, celle
de "The Informant !" de Steven Soderbergh, "Burn after reading" des frères Coen, le générique de "Attrape-moi si tu peux" de Spielberg ou celui de "Kiss kiss bang bang" de Shane Black. Et on
trouve sur Internet une multitude de travaux réalisés par des fans qui s'inspirent du style du maître (celui-là par exemple : http://www.youtube.com/watch?v=z25t-PQDn5A). Essayez la recherche "Saul Bass style", vous verrez. Ce qui est gênant, c'est que pour le copier,
tous ses suiveurs (sa Bass-cour, quoi) doivent utiliser des logiciels professionnels et de puissants ordinateurs. Assez symptomatique de notre époque qui innove à reculons...
Décédé en 1996, ce prolifique créateur qui ressemblait à un croisement subtilde Marcel Zanini et de Gilbert Montagné (il n'est pas si mal, mon nom, après tout),a laissé le sien à la récompense décernée chaque année au meilleur générique de film. Alors chapeau, Bass !
C’est d’abord un beau bouquin,
avec Ava Gardner en couverture. Toute droite sortie de Pandora ou de la Comtesse aux Pieds Nus (mais, je penche nettement pour la première solution, ou la légende du Hollandais
volant revue et corrigée du côté de Tossa del Mar…), bref la beauté animale et cinématographique incarnée !
Et surtout, des pages de garde
(plus belles que celles aux portraits) représentant le grain de la peau de Claudia Cardinale agrandi des dizaines de fois !
Puis vient le titre, Pour
en finir avec le cinéma. C’était aussi ce que l’on pensait depuis que l’on était sorti du dernier Almodovar en se demandant à quoi bon perdre deux heures de son temps sinon à être en
charmante compagnie.
Pourtant, je reconnais que cet
album avait tout pour me rebuter au premier degré : un auteur, Blutch, issu de la Nouvelle Bande Dessinée (celle-là même qui a comme chef de file l’insupportable et le surestimé Sfar), qui
malgré Le Petit Christian ou Sunnymoon me laissait un peu de marbre (notamment La Beauté (sic) et La Volupté (resic)), et la dévotion plus que suspecte de Libé, Télérama et des
Inrocks…
Mais sitôt la lecture entamée,
on sent que l’on est en très, très bonne compagnie, avec cet auteur qui n’hésite pas à se mettre en scène de manière triviale, voire réactionnaire ! Dès les premières planches, la tête entre
les cuisses de sa compagne, qu’il vient de quasiment étouffer, il se met à réciter le noms des acteurs de la Horde Sauvage : Holden, Ryan, Borgnine, O’Brien, Oates… Quand cette
dernière, remise de ses émotions, finit par lui annoncer la mort de Paul Newman. "C’est impossible. Je pense à lui tous les jours. (…) Si je ne suis pas là, moi, pour penser aux acteurs,
personne ne le fera !" rétorque-t-il…
Certes, certains chapitres
m’ont laissé largement imperturbable, "Le Robinson Suisse" et la partie de pêche avec Jean-Luc Godard, ou encore le passage sur Luchino Visconti, pour ne citer qu’eux. Et j’avoue sans
grande honte ne pas avoir tout saisi des nombreuses cases reprenant çà et là, un classique (le plus souvent hollywoodien).
Mais peu importe, le plaisir
est ailleurs.
Dans ces pages hommage à Burt
Lancaster (son "actrice préférée" !), au travers non seulement de l’attendu Guépard, mais aussi des Professionnels, du trop méconnu Merdier (Go Tell the Spartans), ou
enfin du Flic se Rebiffe (The Midnight Man), son unique réalisation.
Dans cette planche sublime
entremêlant Le Mépris, The Seven Year Itch (Sept ans de réflexion), La Dolce vita et Lolita dans une magnifique déclaration d’amour aux actrices charnelles.
Et puis convoquer, Johnny
Weissmuller, Maureen O’Sullivan et Chita, un King Kong lubrique, The Planet Of Apes, Maurice Ronet et Kirk Douglas, Michel Piccoli et Paul Gégauff (scénariste des meilleurs Chabrol, du
moins les plus délicieusement sulfureux, Les Bonnes Femmes, Les Biches et Que La Bête Meure), nous révèle un homme de (bon) goût, nostalgique mais jamais
passéiste.
Bref, un homme qui place le
cinéma, et quel cinéma, avant sa vie et son mariage ne peut nous laisser indifférent.
"Pendant quelques secondes,
la gueule de William Holden dans Deux Hommes dans l’Ouest, ça vaut un Rembrandt"… On se saurait mieux dire !
I was walking down the street… chantait Mark E. Smith
il n’y a pas si longtemps. Février 2010, I was walking down a desert street. Carnaby Street. Une pharmacie, une boutique d’articles de sports, des magasins de fringues
comme dans n’importe quelle ville. Certes, il reste Merc, Merci. Aseptisé pour touristes japonais. Deux magasins Sherry’s qui résistent encore et toujours à l’envahisseur. Une boutique Ben
Sherman. Une chère boutique Ben Sherman dans une chère galerie. Et c’est tout. Même l’immonde plastique orange sur lequel déambulait Paul Weller a foutu le camp lui aussi. Camden ?
Soho ? Pareil. Soirée Blow up ? Pareil. Partout des gens sapés H&M, Zara, Gap. Sapés Top shop j’oubliais. Londres est-elle toujours en Angleterre ? Mystère.
Ou sont passé Teds, rockers, mods, punks ? Ou sont passés bandes, modes et autres mouvements, je crois qu’on dit comme
ça. Arrêtés sur la bande d’arrêt d’urgence depuis le revival skinhead des années 80. Depuis ? Rien. Faut dire que ces derniers ont fait fort, tapant sur tout ce qui bouge.
Récapitulons. Au risque de me tromper – encore une fois – que pouvait pousser un de nous à devenir ça ou ça ou ça ?
Appartenir à un réseau social et choquer le bourgeois.
Le réseau social s’appelle Facebook aujourd’hui. L’opportunité est à portée de clavier. Les potes virtuels sont bien
suffisants. Plus besoins d’amis pour savoir. Savoir qu’écouter, savoir que voir, savoir où aller, savoir que porter. Comment le porter ? Où le porter ? Où le trouver ? Savoir
comment se faire d’autres amis qui savent comment faire. Savoir comment devenir le roi du monde. Un soir, un mois, un an, jusqu’au moment où l’on se prend une tannée ou une veste. Parfois les
deux. Besoin d’un pote branché à l’heure de Youtube ? Pfff. A quoi bon ? Seuls les gothiques résistent encore. Une araignée dans le processeur ? Hum.
Et puis. Et puis si en plus on pouvait choquer papa maman et les amis de papa maman ? Le bonheur était double. Comme
les cacahuètes dans le Sundae. Dis-moi qui tu n’es pas, je te dirai qui tu es. Mais qui choque le bourgeois aujourd’hui ? La racaille. Pardonnez-moi si c’est risible, mais je ne sais pas
comment on dit. Peut-être à l’envers ? C’est eux qui battent le pavé. Les émeutes ne sont plus à Brighton mais dans le 93. Le 9.3 pardon. Autre époque, autre style.
Parfois la barre est plus haute. Beatniks, hippies, punks et no future et new way of life. Après nous le
déluge. A l’heure du surendettement et du politiquement correct, m’est d’avis que ce genre d’utopies est mort et enterré. Le dernier mouvement en date ? Rappelez-vous le dérisoire Nu-rave
des Klaxons et des… Klaxons, il y a déjà 5 ans.
Que voulait dire Bossa nova ? Nouvelle vague. Une vague, puis une autre, puis une autre… Attention au mal de mer.
Comment lutter contre la routine si c’est pour y tomber dedans ? Quand vacuité rime avec inanité, mieux se méfier. Qu'y avait-il d’autre ?... Le goût du vintage ? 30, 50, 60, 70,
80 ? Ca y est, nous sommes rattrapés. Le compte à rebours est terminé. 2011 : que reste-t-il aujourd’hui ? Quelques idiots du village qui courent après les coureurs du Tour de France
habillés en clown ou en super-héros dans l’espoir de passer sur Youtube ou au Zapping.
Alors qu'est-ce qui pouvait pousser vos parents à sortir de chez eux pas comme vous (et moi) ? La mode ? Bien
sûr. "Etre différents tous ensemble", une valeur sûre. L’instinct grégaire ? Valeur refuge. La musique ? Valeur en crise. Rappelons-nous. Encore une fois. Fin des années 90, le rock est
moribond. Même Rock & Folk n’y croit plus. Problème, on n’a pas trouvé mieux depuis. Strokes, White Stripes et Libertines sont arrivés à point nommé. Mais le rock aujourd’hui n’est même plus
subversif. Peut-être en verrez-vous un – de ceux qui en font - allumer une cigarette sur un plateau télé et encore. Et puis, qui à envie de s’habiller comme le batteur des Arctic Monkeys, je vous
le demande ?
Plus de quoi se faire un film. Rappelez-vous. La file de droite, la file de gauche. Les gens dans la file de droite. Les
gens dans la file de gauche… Rappelez-vous les films d’horreur italiens des années 70. Les westerns spaghetti, les péplums, les midnight movies, la Hammer. Les films de genre. J’enrage (dedans).
Tous tombés. Tombés au champ d’honneur de la mondialisation hollywoodienne. Même le foot anglais n’est plus anglais. Mais je m’égare. Bienvenu dans le monde de la pensée unique d’Ardisson, du
Grand journal, des Inrockuptibles.
Alors, plus personne n’y croit ? Personne ne me croit ? J’espère. Mais rappelez-vous une dernière fois quand les
pompistes, les représentants de commerce et les inspecteurs des impôts de vos parents portaient tous pattes, pattes d’éléphants, cheveux et cols longs. Ecoutaient Garry Glitter et les Sweet. Ca
changeait le contrôle fiscal non ?
Au fait,I was walking down the street,
c’est le début de "Blindness". Des fois que…
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porphyre, dans le hall d'entrée, en signe de reconnaissance indéfectible.
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