Créé en mars 2007

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Fury Magazine, toujours à la pointe de l'actualité d'il y a quarante ans en arrière.

Nos garanties :

- Tous nos articles sont écrits sur des ordinateurs à fiches perforées gros comme une camionnette.

- Nos rédacteurs ne communiquent entre eux que par téléphone filaire.

- L'un d'eux est né avant 1960.

Si elle est dedans...

... c'est pareil !
Par GoudurixYZ

 

Enfants, vous qui passez devant Si elle est dedans c’est pareil sans la voir, sachez qu’aujourd’hui c’est la sainte Rita, sainte patronne des causes désespérées et sainte patronne de cette rubrique. Enfants, si votre cause est désespérée, demandez à vos parents la permission de lire Si elle est dedans c’est pareil.

Trop chauve pour être une rock star, trop asthmatique pour être footballeur, pas assez alcoolique pour être écrivain, trop Français pour être Anglais, pas assez suicidaire pour être artiste, trop intelligent pour la télé-réalité. Il ne me restait pas grand' chose, et ce pas grand' chose, c'est devenu Fury Magazine. Hong Kong Fou-Fou


Des mots qui se suivent et qui parlent de choses. De la mode comme dans Zembla, de la bravoure comme dans Casimir, des gadgets comme dans Pif, des avis comme dans les Jeux de 20 heures, de l’honnêteté comme dans une agence immobilière, de la subjectivité latente comme dans la vraie vie, de la sagesse désabusée, de l’action pour y sauter dedans, du dépaysement urbain, des situations, des effets émotionnels bon marché, des auteurs qui se relisent, des phrases courtes et de la facilité.

Pourquoi tant d’efforts ? Heu... GoudurixYZ


- Fury Magazine, c’est une gorgée d’élégance, ajoutez un peu de rugby, un tiers de football frais et non glacé et une petite dose de décalage. Agitez longuement. Ajoutez de la musique pilée, j’insiste, agitez et servez dans une coupe Webb Ellis…

- Non, une coupe UEFA !!! (Voix venant du fond de la salle) - PAF !!! - Aïe, mon nez…

- Et mettez un chroniqueur... Non, deux, vous pourrez ainsi les voir se heurter durement avant que le rédac’chef ne les sépare… Wally Gator


   

Rédaction :
wally gator logo Wally Gator : rugby de village, communion solennelle et charcuterie.
goudurix logo GouduriXYZ : déviances en tout genre, coneheads et ragots de mairie.
oddjob logo 2 Oddjob : KPM, RKO et Kop Boulogne.
barbidule-logo.jpg Barbidule : contradictions, bals de village et coloriage.
Getcarter logo Getcarter
hkff logo Hong Kong Fou-Fou : soins capillaires, huile de moteur et kilomètre arrêté.

N'hésitez pas à nous écrire : fury.mag@gmail.com (Pas de compliments, nous sommes modestes. Pas de critiques, nous sommes susceptibles. Pas d'insultes, nous sommes hyper baraqués. Pas de propositions à caractère sexuel, nous sommes fidèles. Ah, GoudurixYZ me demande d'effacer la dernière phrase)
Vous pouvez également devenir fan de Fury Magazine sur Facebook (ici : Fury Magazine sur Facebook). Tous les mois, l'un de nos fans de sexe féminin et âgé de moins de 30 ans sera tiré au sort. A gagner, une soirée poésie avec GoudurixYZ, qui déclamera quelques-uns de ses plus beaux vers.
Mardi 1 novembre 2011 2 01 /11 /Nov /2011 06:11

Par Wally Gator, Oddjob et Hong Kong Fou-Fou

 

selection-novembre-2011.jpg

 

Contribution de Wally Gator

Housse de Racket : Roman

De l’électro-pop à la française, pourquoi pas ? Eh bien, avec Housse de Racket, je dis oui !

Maylee Todd  : Aerobics in space

Un drôle de petit bout de bonne femme faisant une espèce funk à la sauce "Dee Lite" et une vidéo mélangeant la série B 7Ts, le comic et le soap : ça vaut vraiment le détour !

The Stone Roses : I am the resurrection

Ils se reforment ! Croisons les doigts pour que ce come-back ne soit pas un échec et par voie de conséquence une immense déception.

J.S. Bach : Toccata e fuga BWV 565

Vous savez, c’était la musique du générique de "Il était une fois l’homme". Quand je regardais ce dessin animé, je ne soupçonnais même pas que le morceau entier durait près de 10 minutes… L’interprétation de Karl Richter est particulièrement remarquable. Laissez-vous emporter par les grandes orgues !

Noel Gallagher’s High Flying Birds : l’album en entier !

Aucun morceau à choisir ici : tout est bon, rien n’est à jeter. Carton plein, Mr Gallagher ! Je pense que l’on tient sans aucun doute l’album de l’année. Précipitez vous ! Ce disque est un "must have". Rien à ajouter, sauf que ce disque est vraiment génial. Je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit mais, sans rire, ce disque est très très très bon.

 

 

 

 

Contribution de Hong Kong Fou-Fou 

Allen Toussaint : Goin down (1972)

Pour un premier novembre, ça s'imposait.

http://www.youtube.com/watch?v=c2q4a_S-QbQ

The Budos Band : Unbroken, unshaven (2010)

Quand on regarde les photos du groupe, on se dit qu'ils auraient mieux fait de s'appeler The B(arb)udos Band. En même temps, ils annoncent la couleur dans le titre du morceau. Cet excès de pilosité mis à part, nous avons là un excellent groupe qui mélange jazz, soul, funk, afrobeat. Le titre que nous soumettons aujourd'hui à vos oreilles expertes, il va vous rentrer dans le cerveau et vous allez le fredonner longtemps. Et nous détester.

Aunt Nelly : Day trippin baby (2011)

Vous vous rappelez les Clique, le plus talentueux group mod des années 90 ? Eh bien trois d'entre eux reviennent avec un nouveau groupe. Alors certes en 15 ans les Clique ont pris une claque, les ventres sont un peu rebondis, les chairs légèrement affaissées et il n'y a plus assez de cheveux pour faire un back comb mais musicalement la qualité est toujours au rendez-vous.

http://www.youtube.com/watch?v=CLXLo--gAH4

The Long Tall Shorty : Kick out the shams motherfuckers (2010)

Amis de la poésie, bonjour ! Revoilà les Long Tall Shorty, héros parmi tant d'autres du revival mod de 1979. Leur power pop teintée de punk n'a pas pris une ride - contrairement aux fans de la première heure - comme le prouve cet extrait de leur récent dernier album. Ca va pogoter dans les maisons de retraite (sauf peut-être à la pension Michel Dénériaz, où seuls les Sparks ont droit de cité).

http://www.myspace.com/longtallshortyuk

The Broken Vinyl Club : One way street (2011)

Je connaissais le club des coeurs brisés, Goudurix veut me parrainer pour y entrer, mais pas celui des disques brisés. Il gagne pourtant à être connu, avec ce single sorti sur Acid Jazz.

http://www.youtube.com/watch?v=zangIIvEADw&feature=related

 

 

 

Contribution de Oddjob

Little Dragon : Ritual union

Petit protégé des Gorillaz, ce subtil mélange suédois-nippon nous réserve une électro pop envoutante et entêtante,  parfaite pour se réchauffer au coin des platines.

 http://www.youtube.com/watch?v=q0pQOt5VUVQ

Hanni El Khatib : Dead wrong

C’est (très) rock, c’est (très) américain, c’est (très) cliché…et ça fonctionne (très) bien ! 

http://www.youtube.com/watchv=ghSxLKJxDy0&feature=results_main&playnext=1&list=PL453B232EAF393231

The Liminanas: Je m’en vais

Ou comment convoquer à la fois Morricone, De Roubaix et Colombier (rien que ça et plus encore), pour cette vrai/fausse b.o. Du grand art.

http://www.youtube.com/watch?v=pcGDZR76hJ8

The Kinks : Powerman – Strangers

La pop mélancolique des Kinks en guise de B.O. du décalé et nostalgique The Darjeeling Limited de Wes Anderson : l’alchimie parfaite.

http://www.youtube.com/watch?v=tbdYuO9W1kU

http://www.youtube.com/watch?v=lshQ2LL0-3Y

 

Par Hong Kong Fou-Fou - Publié dans : Musique - Communauté : Musiques
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Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 07:04

Par GoudurixYZ

 

johnny-thunders.jpg

 

- Paris verrry dangerousse.

- Paris dangerous ? You’ve never been to New York...

Ah,  Johnny Thunders et son regard désabusé trinquant avec cet ahuri de Jérôme Deschamps dans Mona et moi. Le genre d’inconnu qui vous donne envie de parler à n’importe qui dans un bar-tabac de Pigalle.

Si New York est dangereux, Perpignan n’est pas très rock'n'roll aurait-il pu rajouter au parrain des Deschiens.

18 févier 1989, Johnny Thunders est dans la place. Arago. Visite improbable et improvisée. Faut dire qu’on n'a pas vu beaucoup de rockers là-bas dans les années 80. Le rock à Perpignan ? C’est, voyons voir… Non, non, non... Oui ! C’est Kuzcek. C’est le village de Borat au Kazakhstan. Pas de salle, pas de scène, pas de public et pas de… concerts. Si, un public… Pourtant en ce mois de février, c’est comme si le fils de Betty Page et d’Arthur Rimbaud débarquait dans la "capitale des deux rugby". Pourquoi ? Comment ? Mystère. Comme dit Morrissey, ex-président du fan club des New York Dolls, "c’est comme s’ils avaient toujours la poisse. C’est le groupe le plus malchanceux de l’histoire du rock’n'roll." Bien… Pas sûr qu’avoir rajouté Oh baby I’m born to lose / Baby I’m born to lose  à son répertoire ait changé la (métha)donne. C’est sûrement pas ce soir que ça va s’arranger. Qui Perpignan gagne.

Si on a tous en nous quelque chose de Tennessee, lui en a plus que d’autre. Il a ce qu’on a ou qu’on n'a pas. La classe, l’attitude. Problème, la période New Rose n’est pas la meilleure. Pas la New York Dolls. Pas la Hearbrakers. Accro et fauché, ses derniers concerts ne se font pas sans l’aide d’un médecin. Il n’est pas rare qu’il s’écroule sur scène au bout d’un quart d’heure. C’est que John Genzale Jr de son vrai nom, n’a plus sa carte vitale pour très longtemps. A Perpignan, son point de chute, dans un endroit à l’envers en forme d’aile d’avion dénommé "La Base", on n’a pas pris cette précaution.

Mais, bon. On va voir ce qu’on va voir. Pas d’infos, pas d’affiches, seul l’Indépendant, "le journal du pays catalan" (3,80 francs) annonce la nouvelle le 15 et se fend d’un ancêtre du copier/coller du dossier de presse le jour même intitulé "Johnny Thunders demain (!) à la Base"… Non, c’est sûrement pas ce soir que ça va s’arranger.

 La suite ? Elle n’existe pas. Juste sur quelques forums, cachée sous des pages et des pages de Google à propos d’une chanson des Seeds… Secret défonce.

On l'a fait(e) avec les Dum Dum il y a longtemps, y compris quand on a fait la 1ère partie de Thunders à Perpignan (!) qui m'a dit après que notre version était meilleure que la sienne…

Et puis encore : Johnny était si gentil, plein de délicatesse... Sadj'exagère un chouia!)… Et enfin : Toulouse, début années 80 : concert fabuleux de plus de deux heures. Tout le monde à genoux. Perpignan, fin des années 80 : un quart d'heure sur scène et écroulade. Thunders ? Comme tous les génies, irrégulier…

Non, c’était pas ce soir là que ça allait s’arranger.

Il ne me reste plus qu’à vous avouer à la régulière que je n’y étais pas. Quoi ? Tout ça pour ça ? Hé oui. Où étais-je ce soir là ? Je ne le saurai jamais. Rançon de l’anonymat. Ca n’a pas d’importance pour vous mais pour moi ça veut dire beaucoup. J’étais quand même pas en train d’écouter France Gall, mais bon. Encore une question sans réponse. Après tout, c’est peut-être mieux ainsi. Les absents ont toujours tort ? Pas sûr que Johnny Thunders ou son fantôme n’ait pas fait mentir l’adage. D’ailleurs, où sont passés mes Corgy toys ? Où sont passés mes Strange et mes Fantask ? Mystère. Mes disques des New York Dolls, je le sais. Malheureusement. Il y a des jours où l’on a plus qu’à réécouter So alone.

Voyons dans l’Indépendant du lendemain ? Les pages spectacles… 40 places à gagner pour le concert de Mireille Mathieu… Carnaval, record d’affluence battu. Rien, pas un mot. La veille ? Pareil. Tiens, l’horoscope. Au point où j’en suis, pourquoi pas. Voyons…Cancer : "Généralités – Votre première impression n’est pas toujours la bonne, réfléchissez avant d’agir." Ah, tiens… "Plaisirs - Adonnez-vous à  votre hobby." Oh non…

Non, c’est pas aujourd’hui que ça va s’arranger.

Par GoudurixYZ - Publié dans : Musique - Communauté : Musiques
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Vendredi 21 octobre 2011 5 21 /10 /Oct /2011 07:26

Par Hong Kong Fou-Fou

  saul-bass-logo.jpg

 

Il y a des noms qui sonnent mieux que d'autres. Pourquoi croyez-vous que je signe mes articles sous le pseudo Hong Kong Fou-Fou ? Parce que j'ai peur que tous les gros beaufs dont je me moque inlassablement me mettent la tête au carré ? Certes, j'avoue ma lâcheté. Mais c'est aussi parce que j'ai un nom d'une affligeante banalité, indigne de la flamboyance de Fury Magazine. Saul Bass, par contre, est un nom qui m'a toujours plu. Sobre, efficace, incisif. Comme le style graphique de celui qui le portait.

Le petit Bass (le Basset ?) devait faire des gribouillages dans les marges de ses cahiers à l'école. Comme Guy Degrenne. Des collages, aussi. Et il n'a jamais arrêté. Pfff, moi j'ai été vraiment bête d'y copier des polynômes ou des logarithmes, voilà où ça m'a mené. Après des études d'art et de design, il est devenu dessinateur publicitaire. Puis il a réalisé des affiches de films, avant d'en concevoir les génériques. C'est bien simple, avant lui, ces génériques n'étaient qu'une longue litanie de noms sans aucun intérêt, dont le spectateur attendait patiemment la fin en suçant son esquimau ou en pelotant sa petite amie. Saul Bass en a fait des films dans le film, des chefs-d'oeuvre graphiques et colorés qui, associés au jazz angoissant de compositeurs comme Bernard Hermann ou Jerry Goldsmith, plongeaient immédiatement le spectateur dans l'ambiance. Saul Bass, les petites amies ne lui disent pas merci.

Saul Bass a travaillé avec les plus grands de l'industrie cinématographique : Otto Preminger, Stanley Kubrick, Hitchcock, Scorcese. Que des noms qui claquent, z'avez remarqué ? Initialement, son style s'appuyait essentiellement sur l'utilisation de formes géométriques découpées. Ses ciseaux étaient aussi aiguisés que le couteau de Norman Bates dans "Psychose", film pour lequel il a également contribué à la mythique scène de la douche.

Puis il s'est diversifié, avec des photographies comme dans "Spartacus" ou du dessin animé ("Un monde fou, fou, fou, fou"). Le très réussi générique de "Grand Prix", qui montre les préparatifs avant le départ d'un... grand prix, merci de suivre, à base d'images démultipliées, c'est lui aussi.

Il a dessiné les logos de plusieurs compagnies aériennes (Continental Airlines en 1968, United Airlines en 1973) et autres grosses sociétés comme Minolta ou Warner. Celui de Quaker Oats, aussi. Quand j'étais gamin, je prenais du Saul Bass au petit-déjeuner, et je ne le savais même pas. Il a illustré des livres pour enfants, des timbres, des pochettes d'allumettes, il a dessiné des stations service pour Esso ou Exxon, etc.

 

saul-bass-2.jpg

 

Il a également réalisé plusieurs courts métrages et même, en 1974, un film de science-fiction, Phase IV, assez curieusement affublé d'une affiche ignoble, dont on ne voudrait même pas pour illustrer un disque d'Iron Maiden. Quand on dit que ce sont les cordonniers les plus mal chaussés...

Comme tous les génies, il a fortement inspiré ses successeurs. On peut citer l'affiche de "Clockers" de Spike Lee, celle de "The Informant !" de Steven Soderbergh, "Burn after reading" des frères Coen, le générique de "Attrape-moi si tu peux" de Spielberg ou celui de "Kiss kiss bang bang" de Shane Black. Et on trouve sur Internet une multitude de travaux réalisés par des fans qui s'inspirent du style du maître (celui-là par exemple : http://www.youtube.com/watch?v=z25t-PQDn5A). Essayez la recherche "Saul Bass style", vous verrez. Ce qui est gênant, c'est que pour le copier, tous ses suiveurs (sa Bass-cour, quoi) doivent utiliser des logiciels professionnels et de puissants ordinateurs. Assez symptomatique de notre époque qui innove à reculons...

Décédé en 1996, ce prolifique créateur qui ressemblait à un croisement subtil de Marcel Zanini et de Gilbert Montagné (il n'est pas si mal, mon nom, après tout), a laissé le sien à la récompense décernée chaque année au meilleur générique de film. Alors chapeau, Bass !


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Par Hong Kong Fou-Fou - Publié dans : Cinéma et TV - Communauté : Cré'arts graphique
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Dimanche 16 octobre 2011 7 16 /10 /Oct /2011 07:12

Par Oddjob

 

blutch.jpg

 

C’est d’abord un beau bouquin, avec Ava Gardner en couverture. Toute droite sortie de Pandora ou de la Comtesse aux Pieds Nus (mais, je penche nettement pour la première solution, ou la légende du Hollandais volant revue et corrigée du côté de Tossa del Mar…), bref la beauté animale et cinématographique incarnée !

Et surtout, des pages de garde (plus belles que celles aux portraits) représentant le grain de la peau de Claudia Cardinale agrandi des dizaines de fois !

Puis vient le titre, Pour en finir avec le cinéma. C’était aussi ce que l’on pensait depuis que l’on était sorti du dernier Almodovar en se demandant à quoi bon perdre deux heures de son temps sinon à être en charmante compagnie.

Pourtant, je reconnais que cet album avait tout pour me rebuter au premier degré : un auteur, Blutch, issu de la Nouvelle Bande Dessinée (celle-là même qui a comme chef de file l’insupportable et le surestimé Sfar), qui malgré Le Petit Christian ou Sunnymoon me laissait un peu de marbre (notamment La Beauté (sic) et La Volupté (resic)), et la dévotion plus que suspecte de Libé, Télérama et des Inrocks…

Mais sitôt la lecture entamée, on sent que l’on est en très, très bonne compagnie, avec cet auteur qui n’hésite pas à se mettre en scène de manière triviale, voire réactionnaire ! Dès les premières planches, la tête entre les cuisses de sa compagne, qu’il vient de quasiment étouffer, il se met à réciter le noms des acteurs de la Horde Sauvage : Holden, Ryan, Borgnine, O’Brien, Oates… Quand cette dernière, remise de ses émotions, finit par lui annoncer la mort de Paul Newman. "C’est impossible. Je pense à lui tous les jours. (…) Si je ne suis pas là, moi, pour penser aux acteurs, personne ne le fera !" rétorque-t-il…

  blutch-2.jpg

 

Certes, certains chapitres m’ont laissé largement imperturbable, "Le Robinson Suisse" et la partie de pêche avec Jean-Luc Godard, ou encore le passage sur Luchino Visconti, pour ne citer qu’eux. Et j’avoue sans grande honte ne pas avoir tout saisi des nombreuses cases reprenant çà et là, un classique (le plus souvent hollywoodien).

Mais peu importe, le plaisir est ailleurs.

Dans ces pages hommage à Burt Lancaster (son "actrice préférée" !), au travers non seulement de l’attendu Guépard, mais aussi des Professionnels, du trop méconnu Merdier (Go Tell the Spartans), ou enfin du Flic se Rebiffe (The Midnight Man), son unique réalisation.

Dans cette planche sublime entremêlant Le Mépris, The Seven Year Itch (Sept ans de réflexion), La Dolce vita et Lolita dans une magnifique déclaration d’amour aux actrices charnelles.

Et puis convoquer, Johnny Weissmuller, Maureen O’Sullivan et Chita, un King Kong lubrique, The Planet Of Apes, Maurice Ronet et Kirk Douglas, Michel Piccoli et Paul Gégauff (scénariste des meilleurs Chabrol, du moins les plus délicieusement sulfureux, Les Bonnes Femmes, Les Biches et Que La Bête Meure), nous révèle un homme de (bon) goût, nostalgique mais jamais passéiste.

Bref, un homme qui place le cinéma, et quel cinéma, avant sa vie et son mariage ne peut nous laisser indifférent.

"Pendant quelques secondes, la gueule de William Holden dans Deux Hommes dans l’Ouest, ça vaut un Rembrandt"… On se saurait mieux dire !


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Par Oddjob - Publié dans : Cinéma et TV - Communauté : Cré'arts graphique
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Mardi 11 octobre 2011 2 11 /10 /Oct /2011 06:31

Par GoudurixYZ


teddy boys   

I was walking down the street chantait Mark E. Smith il n’y a pas si longtemps. Février 2010, I was walking down a desert street. Carnaby Street. Une pharmacie, une boutique d’articles de sports, des magasins de fringues comme dans n’importe quelle ville. Certes, il reste Merc, Merci. Aseptisé pour touristes japonais. Deux magasins Sherry’s qui résistent encore et toujours à l’envahisseur. Une boutique Ben Sherman. Une chère boutique Ben Sherman dans une chère galerie. Et c’est tout. Même l’immonde plastique orange sur lequel déambulait Paul Weller a foutu le camp lui aussi. Camden ? Soho ? Pareil. Soirée Blow up ? Pareil. Partout des gens sapés H&M, Zara, Gap. Sapés Top shop j’oubliais. Londres est-elle toujours en Angleterre ? Mystère.


Ou sont passé Teds, rockers, mods, punks ? Ou sont passés bandes, modes et autres mouvements, je crois qu’on dit comme ça. Arrêtés sur la bande d’arrêt d’urgence depuis le revival skinhead des années 80. Depuis ? Rien. Faut dire que ces derniers ont fait fort, tapant sur tout ce qui bouge.


skins 70

Récapitulons. Au risque de me tromper – encore une fois – que pouvait pousser un de nous à devenir ça ou ça ou ça ? Appartenir à un réseau social et choquer le bourgeois.

 

Le réseau social s’appelle Facebook aujourd’hui. L’opportunité est à portée de clavier. Les potes virtuels sont bien suffisants. Plus besoins d’amis pour savoir. Savoir qu’écouter, savoir que voir, savoir où aller, savoir que porter. Comment le porter ? Où le porter ? Où le trouver ? Savoir comment se faire d’autres amis qui savent comment faire. Savoir comment devenir le roi du monde. Un soir, un mois, un an, jusqu’au moment où l’on se prend une tannée ou une veste. Parfois les deux. Besoin d’un pote branché à l’heure de Youtube ? Pfff. A quoi bon ? Seuls les gothiques résistent encore. Une araignée dans le processeur ? Hum.

 

Et puis. Et puis si en plus on pouvait choquer papa maman et les amis de papa maman ? Le bonheur était double. Comme les cacahuètes dans le Sundae. Dis-moi qui tu n’es pas, je te dirai qui tu es. Mais qui choque le bourgeois aujourd’hui ? La racaille. Pardonnez-moi si c’est risible, mais je ne sais pas comment on dit. Peut-être à l’envers ? C’est eux qui battent le pavé. Les émeutes ne sont plus à Brighton mais dans le 93. Le 9.3 pardon. Autre époque, autre style.


mods

 

Parfois la barre est plus haute. Beatniks, hippies, punks et no future et new way of life. Après nous le déluge. A l’heure du surendettement et du politiquement correct, m’est d’avis que ce genre d’utopies est mort et enterré. Le dernier mouvement en date ? Rappelez-vous le dérisoire Nu-rave des Klaxons et des… Klaxons, il y a déjà 5 ans.

 

Que voulait dire Bossa nova ? Nouvelle vague. Une vague, puis une autre, puis une autre… Attention au mal de mer. Comment lutter contre la routine si c’est pour y tomber dedans ? Quand vacuité rime avec inanité, mieux se méfier. Qu'y avait-il d’autre ?... Le goût du vintage ? 30, 50, 60, 70, 80 ? Ca y est, nous sommes rattrapés. Le compte à rebours est terminé. 2011 : que reste-t-il aujourd’hui ? Quelques idiots du village qui courent après les coureurs du Tour de France habillés en clown ou en super-héros dans l’espoir de passer sur Youtube ou au Zapping.

 

Alors qu'est-ce qui pouvait pousser vos parents à sortir de chez eux pas comme vous (et moi) ? La mode ? Bien sûr. "Etre différents tous ensemble", une valeur sûre. L’instinct grégaire ? Valeur refuge. La musique ? Valeur en crise. Rappelons-nous. Encore une fois. Fin des années 90, le rock est moribond. Même Rock & Folk n’y croit plus. Problème, on n’a pas trouvé mieux depuis. Strokes, White Stripes et Libertines sont arrivés à point nommé. Mais le rock aujourd’hui n’est même plus subversif. Peut-être en verrez-vous un – de ceux qui en font - allumer une cigarette sur un plateau télé et encore. Et puis, qui à envie de s’habiller comme le batteur des Arctic Monkeys, je vous le demande ?

 

Plus de quoi se faire un film. Rappelez-vous. La file de droite, la file de gauche. Les gens dans la file de droite. Les gens dans la file de gauche… Rappelez-vous les films d’horreur italiens des années 70. Les westerns spaghetti, les péplums, les midnight movies, la Hammer. Les films de genre. J’enrage (dedans). Tous tombés. Tombés au champ d’honneur de la mondialisation hollywoodienne. Même le foot anglais n’est plus anglais. Mais je m’égare. Bienvenu dans le monde de la pensée unique d’Ardisson, du Grand journal, des Inrockuptibles.

 

Alors, plus personne n’y croit ? Personne ne me croit ? J’espère. Mais rappelez-vous une dernière fois quand les pompistes, les représentants de commerce et les inspecteurs des impôts de vos parents portaient tous pattes, pattes d’éléphants, cheveux et cols longs. Ecoutaient Garry Glitter et les Sweet. Ca changeait le contrôle fiscal non ?

 

Au fait, I was walking down the street, c’est le début de "Blindness". Des fois que…


skins 80

Par GoudurixYZ - Publié dans : Musique - Communauté : Un jour de plus loin des 60s
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